La CID pour le renforcement institutionnel des IMFs

Étude de cas : Brésil

1 – Introduction : le système financier

Il n’y a aucun doute sur le pouvoir – quasiment suprême – du capital financier dans le monde capitaliste. Son essor commence au XVIIIe siècle, en Angleterre[1]. Source de financement pour la guerre, ou encore moyen de gestion de la dette publique, la révolution financière a été motivée par des intérêts plus publics que privés. C’est cependant à cette même époque que l’Angleterre a connu une vigoureuse croissance de son commerce extérieur. Et par conséquent, la puissance de son commerce a formé une gamme d’entreprises spécialisées en assurances (maritimes, vie et incendie) et les bourses de commerce, qui ont fait de la Grand Bretagne l’épicentre du service financier mondial à cette époque.

Aujourd’hui, beaucoup plus dissolu, le marché financier « contrôle » les flux de capitaux, soit sous forme de financement, soit, et c’est souvent le cas, par la pure spéculation. Cette dernière entraîne une forte concentration de richesses, qui a pour effet de renforcer les inégalités[2].

La micro-finance est née précisément pour combler le manque de services financiers offerts à un public dénommé « les exclus bancaires”[3]. Les institutions de microfinance proposent un éventail de produits, qui vont du simple prêt à l’encaissement de chèques, en passant par l’épargne, l’assurance, le transfert d’argent des migrants[4].

Son origine a été attribuée, de façon emblématique à la Grameen Bank, ou banque du village, au Bangladesh, fondée en 1977 par le professeur d’économie, et prix Nobel de la paix en 2006, Muhammad Yunus. L’année précédente, Yunus avait emprunté US$ 27 à un groupe de quarante deux femmes[5], événement symbolique qui marque tout le début de la méthodologie adoptée par la Grameen. Pourtant, on sait qu’il existait déjà, bien avant, des initiatives pour la démocratisation financière. Il s’agissait d’une approche philanthropique. C’est précisément en Angleterre que sont nées les premières institutions de charité qui offrant de l’argent aux pauvres qui n’avaient pas accès au système bancaire. Cet argent leur permettait de mener leurs petites activités économiques. Les personnes sans ressources n’ont jamais attiré l’attention des banquiers. En effet, cette population représente un coût financier élevé (haut coût de transition) – disproportion entre la valeur du prêt et les coûts administratifs de la banque – et un haut risque – manque de garantie ou de contrepartie.

1.2 – La microfinance

Notoire outil de l’économie solidaire et de politiques sociales, la microfinance est devenue un sujet recourant d’articles dans les médias, qui tantôt en font l’éloge en présentant des cas de réussite, tantôt la critiquent assidument. Tous ces commentaires sont basés sur la multitude de recherches et d’études d’évaluation de son effet sur la diminution de la pauvreté, et sur l’amélioration du niveau de vie, ainsi que la génération d’emplois. Les résultats sont, dans la majorité des cas, moins optimiste qu’on ne l’espérait. On constate notamment que le niveau d’endettement a augmenté ou même les filles quittent l’école pour s’occuper des tâches ménagères lorsque leurs mères se consacrent aux activités productives[6].

Les évaluations de l’impact, elles aussi sont devenues plus fréquentes, et font figure de « marketing institutionnel »[7] quand les institutions de microfinance – IMF veulent, par exemple, attirer l’attention des bailleurs de fonds montrant leurs résultats financiers et auprès leurs clients. Et c’est exactement leur performance financière, c’est-à-dire, leur capacité de faire un profit minimum suffisant à financer leur structure, qui est souvent remise en question. La non-durabilité d’une IMF peut être liée à divers facteurs exogènes – crise économique, politique ou catastrophes naturelles, ou endogènes – manque de capital, haut taux de non-remboursement, dépenses élevées, concurrence entre IMF, peu de pénétration sur marché, produits et services inadéquats, taux d’intérêt (vis-à-vis les clients) insuffisant pour couvrir les coûts, taux d’intérêt (vis-à-vis des bailleurs de fonds). Le grand enjeu de la microfinance, la durabilité, amène les IMF à avoir un comportement particulier au sein des institutions financières traditionnelles. En effet, leur but est d’offrir des produits et des services financiers aux plus pauvres sans but lucratif (the financial systems approach and the proverty lending approach)[8]. Parfois, cette « contradiction » fait qu’elles s’écartent de leur mission et la microfinance est l’objet de nombreuses critiques parce qu’elle va vers une clientèle plus aisée et, donc, plus rentable. Il faut admettre que la population sans ressources exige une attention spéciale. Il s’agit de personnes qui ont des besoins basiques : nourriture adéquate, foyer approprié, santé et éducation. Pour arriver à l’octroi d’un crédit, il faut qu’ils disposent au minimum d’une infrastructure de base et des conditions minimales pour utiliser l’emprunt de la meilleure façon possible. Cela rend difficile l’arrivée à un point d’équilibre entre les deux approches. Néanmoins, il faut le poursuivre.

Et pour bien gérer les conflits entre durabilité versus avoir les plus pauvres comme client-cible, il est indispensable de disposer d’un conseil d’administration et d’une équipe qualifiée et compétente, comme le prévoit l’un de principes clés de la microfinance. En effet, selon le Consultative Group to Assist the Poor – CGAP[9] : « Le manque de capacités institutionnelles et humaines constitue le principal obstacle. La microfinance est un domaine spécialisé qui conjugue les services bancaires à des objectifs sociaux, et un renforcement des capacités est nécessaire à tous les niveaux, des institutions financières aux instances de réglementation et de contrôle et aux systèmes d’information, jusqu’aux organismes de développement de l’État et aux bailleurs de fonds. La majeure partie des investissements, publics et privés, effectués à ce titre devrait viser le renforcement des capacités. ».

Produit d’une jointe venture entre le CGAP et l’Open Society Institute – OSI, depuis 2004, le Microfinance Management Institute – MFMI travaille pour développer un marché de professionnels en microfinance. Il a crée de méthodes qui sont appliquées dans le cadre de cours spécifiques qui voient 3.900 participants par an[10]. Un autre exemple de professionnalisation du secteur est le site internet MixMarket qui semble plus un site informatif de la bourse. Il encourage la transparence en surveillant et divulguant les données des actions et de performance de 1.126 IMF, d’investisseurs et de donateurs publics et privés[11]. Il s’agit d’un vaste réseau données qui stimule la compétition entre les IMF, donnant une touche « business » aux ONG à but non-lucratif.

Face à la nécessité de professionnalisation, le soutien pour le renforcement des IMF est vital pour leur avenir, et la coopération internationale joue ici un rôle important. Les organismes bilatéraux, multilatéraux, et privés soutiennent les IMF pour améliorer la qualité leur comptabilité et leur système de contrôle, ce afin de rendre leur gestion plus transparente. Ils aident aussiau niveau dues ressources humaines en offrant des formations, des ateliers d’échange d’expérience et d’assistance technique[12]. L’ensemble de ces mesures visant à faire murir ces institutions et les consolider.

1.2 – La microfinance en l’Amérique latine

Les IMF asiatiques sont les plus efficaces, comparés aux autres continents[13]. En effet, la microfinance est assez répandue et équilibrée en Asie, grâce la présence, dans tous les pays de grandes institutions. Au contraire, en Amérique latine, en Argentine, au Mexique et au Brésil par exemple, la microfinance progresse lentement. En 2003, il y avait environ 6,95 millions de clients potentiels et à peine 402 mille de ces clients étaient actifs, soit 5,8% du marché potentiel, comme le montre le graphique ci-dessous :

Aqui não é Bangladesh

Vemos que a indústria de microcrédito no Brasil importou – sem muito critério – dos países da Ásia e África a ideia de que deve favorecer a mulher na hora da concessão do Crédito. Lá, isso é absolutamente justificável; aqui, nem tanto.

O bangalês Muhammad Yunus, considerado o pai da nova metodologia de concessão de crédito aos mais pobres e ganhador do prêmio Nobel da paz em 2006, registrou em seu livro “O Banqueiro dos Pobres” a dura realidade das mulheres em seu país, onde a religião muçulmana contribui para a marginalização do sexo feminino. As mulheres não possuem os mesmos direitos à herança, são discriminadas no trabalho, além de sofrerem violência dentro e fora de casa. Nas classes mais baixas, não é raro encontrar jovens com rostos desfigurados pelo efeito de jatos de ácido por terem se recusado a se submeterem a violências sexuais ou casamentos arranjados. E, infelizmente, essa também é a realidade de muitas outras mulheres de países da Ásia e da África, onde a mulher é posta à margem da sociedade e vista como mera reprodutora. Muitas dentre elas são maltratados pelos maridos e até mesmo multiladas.

O estímulo ao autoemprego via microcrédito seria, portanto, uma ferramenta de liberação e de transformação de vida para essas mulheres e de formação de uma sociedade mais igualitária.

No Brasil, felizmente vivemos em um outro contexto. Atualmente, a brasileira tem-se sobressaído tanto no mercado de trabalho quanto no meio acadêmico, conquistando sua autonomia e liberdade de expressão. No que tange ao mercado de trabalho, vemos a entrada de mulheres em áreas antes reservadas exclusivamente aos homens, como é o caso da construção civil. Apesar de sermos uma sociedade ainda muito machista, violência contra mulher é crime. Evidentemente, a igualdade entre os gêneros ainda há muito a avançar; mas reconhecemos melhorias da sociedade brasileira nesse sentido.

Se em muitos países do outro lado do globo a concessão de microcrédito a mulheres á visto como uma estratégia de discriminação positiva, aqui, seria uma forma de recompensá-la pela maneira responsável que gerem o orçamento doméstico. Entretanto, respeitando nossa realidade, se quisermos fazer do microcrédito efetivamente uma ferramenta de combate à desigualdade social, o foco das instituições deveria ser o jovem pobre e negro. Este sim é o perfil daquele que sofre discriminação em nossa sociedade e que encontra dificuldade na inserção no mercado de trabalho.

A ideia do Yunus em levar crédito produtivo às mulheres, dando-lhes a oportunidade de transformar sua vida, aumentando sua autoestima foi simplesmente genial. A repercussão de seu modelo em todo o mundo foi merecida. Entretanto, adequações ao cenário local são necessárias. O país da “Casa Grande e Senzala” deve dar mais atenção aos verdadeiros marginalizados da sociedade.

 Banco do Povo – Crédito SolidárioExperiencia que vale

 

Banco do Povo – Crédito Solidário

Experiencia que vale a pena conhecer!

 
Em agosto de 2011, estive visitando o Banco do Povo – Crédito Solidário, na sua sede em Santo André, São Paulo. O que há de mais interessante na instituição, é que conseguiram romper com o paradigma que a metodologia de grupo solidário não funciona em outras regiões que não seja o Nordeste. Estão formando os grupos e a coisa está indo muito bem: índice de inadimplência ínfimo, alta produtividade da equipe e a entidade está se consolidando na região em que atua.
Como resultado do bom trabalho, o Banco do Povo – Crédito Solidário se orgulha em ter atingido sua sustentabilidade operacional e financeira. Segundo o relatório de rating social e financeiro elaborados pela MicroRate Internacional, a nota do desempenho financeiro foi elevada, de β- para β e social com 3 estrelas (www.microrate.com ). Um ponto positivo que destacam é a produtividade da equipe.
Parabéns ao Almir da Costa Pereira, gerente executivo e à sua equipe pelo excelente trabalho! De modo modesto, porém profissional, estão consolidando um modelo próprio que vale a pena ser conhecido!